L’arbre le plus haut à Freiburg (épilogue 1)

De retour du Nufenen et de quinze jours de road-trip helvétique, la dernière semaine s’annonce pluvieuse et glaciale dans le pays. Je décide de suivre le soleil et met le cap sur le Nord, en direction de Freiburg en Brisgau, petite ville allemande à trente minutes de Bâle.

Ce jeudi les nuages se sont installés dans le ciel lausannois et l’air s’est déjà rafraîchie d’une dizaine de degrés. Le van m’attend à Montreux et je retrouve presque avec soulagement ce petit intérieur, déjà madeleine de Proust de mes vacances. En théorie 2h30 devraient me suffirent pour rejoindre Freiburg mais alors que des embouteillages monstres se forment à la hauteur de Wangen an der Aare (Berne), je décide de couper par les petits chemins et traverse le parc naturel régional de la région de Thal (Soleure).

Le van se faufile entre les arbres et escalade sans difficulté majeure le massif du Jura. Me voici quasiment à l’intersection entre les cantons de Soleure, de Berne et du Jura. La route m’emmène ensuite en pente douce dans le canton de Bâle campagne, puis Bâle ville avant de bifurquer en direction de l’Allemagne et rouler en direction de Freiburg, cette autoroute que les Suisses qui se sont rendus à Europapark connaissent par cœur (Freiburg se situe à peu près à mi-chemin entre Bâle et Rust).

Trois raisons m’ont fait choisir Freiburg comme étape suivante. Mon père y habite, c’est un des rares coins proches où il y aura du soleil les 48 prochaines heures et la région est propice aux excursions. Et en effet, après un trajet particulièrement humide, me voici à nouveau sous le ciel bleu (Freiburg est statistiquement la ville la plus ensoleillée d’Allemagne), parqué dans une petite rue à côté de chez mon père. Ici il y a au moins deux ou trois camping-cars dans chaque rue, le mien ne fera donc pas tâche, même si contrairement aux autres, moi je dormirai dedans.

Le lendemain petit tour en vélo avec mon père dans la vieille ville et le long de la Dreisam, la rivière qui traverse la ville. Ici la petite reine est impératrice. Le vélo représente 27% des déplacements intra-urbain (contre 24% pour la voiture). L’après-midi je m’égare en dehors de la ville et pousse jusqu’au Sud de la ville, au sommet d’une petite colline, pour admirer Waldtraut vom Mühlwald, l’arbre le plus haut d’Allemagne. D’une hauteur de 67mètres, ce sapin de Douglas (l’arbre n’est donc pas endémique) a l’âge respectable de 107 ans. Ce qui m’impressionne c’est qu’alors que je me rends au moins une fois par an à Freiburg depuis quasiment vingt ans, je n’en n’avais jamais entendu parler.

Redescente de la colline, je pédale à l’Est de la ville jusqu’à une ancienne station essence convertie en pâtisserie. Ici c’est le royaume d’Alex et Aldo. Deux amis qui ont emménagé dans le quartier il y a quelques années. Les deux sont autodidactes. Elle se passionne pour les pâtisseries, en particulier les tourtes à étages. Lui propose des gaufres géantes salées ou sucrées. La petite boutique cartonne et entre les commandes pour des mariages ou des anniversaires et le café, les deux patrons ont récemment engagé du personnel pour les aider. Voici le lien pour le Mohrentopf (et aussi leur compte Instagram)

Le lendemain le temps est gris. Manque de chance, alors qu’ici aussi les températures redescendent et que le Sud de la France de même que l’Espagne sont sur liste rouge COVID-19, je décide de mettre le cap sur la région de Cinque Terre, le parc naturel situé à l’Est de Gêne au Nord de l’Italie.

Petit arrêt à Mulhouse pour changer la bouteille de gaz et me voici à l’entrée Nord du tunnel du Gothard. Le GPS me conseille d’éviter les bouchons en sortant à Erstfeld mais le réseau passe mal et l’info me parvient pile au moment où je viens de dépasser la sortie. La suivante n’est qu’à 6km mais il me faudra plus d’une heure pour l’atteindre. La faute à des feux rouges qui « régulent » le trafic dans le tunnel et scindent le flux.

Enfin sorti de l’autoroute, je m’engage en direction d’Andermatt, avec l’intention se passer par le col du Gothard au lieu du tunnel. A mesure que les lacets me mène dans le petit village le temps se fait de plus en plus gris. Arrivé sur place une fine couche de neige recouvre la station, le village dans lequel j’étais il y a à peine dix jours est méconnaissable. Les cols de la Furka et de l’Oberalppass sont déjà fermés mais le col du Gothard semble encore ouvert. Je m’engage, roule un kilomètre avant de tomber sur la barrière. Le col est fermé et me voici à rouler en sens inverse pour retourner prendre l’autoroute et le tunnel. Heureusement, malgré les kilomètres supplémentaires, ce détour m’aura permis d’éviter deux feux et je rejoins en fin de compte assez rapidement le tunnel que je traverse au son de la radio officielle du tube (pas le choix, ton poste te force à écouter les annonces en allemand, français, italien et anglais).

L’arrivée au Tessin se fait presque de nuit et je décide de m’y arrêter pour la nuit. En écoutant la radio pour passer le temps dans les bouchons j’ai appris que le Conseil fédéral venait de décider d’ajouter la Ligurie dans la liste des régions « à risque » du COVID-19. Autrement dit, si je décide de voyager à Cinque Terre, il me faudrait à mon retour m’annoncer auprès des Autorités et me mettre en isolement pendant dix jours.

Sans plan pour le lendemain, je m’arrête donc à nouveau au Mont Tamaro. L’air est frais mais les nuages semblent épargner ce côté des Alpes. Je me couche en décidant de remettre au lendemain la décision de la direction à prendre pour la suite de ce voyage.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.